Personnellement, j’y relève trois points : un retour aux principes fondateurs de l’Union européenne ; un principe de gouvernance spécifiquement européen ; une conviction pour l’avenir :

 

1. Un retour aux principes fondateurs de l’Union européenne

« L’euro est l’expression d’un destin commun »

« Nous proposons une Communauté politique de l’euro, non point parce que l’euro serait une fin en soi mais, au contraire, parce qu’il est l’expression d’un destin commun », affirme le groupe Eiffel Europe. « Les efforts consentis au nom de la monnaie, dans la crise, n’ont de sens qu’en les replaçant dans une vision politique positive, tournée vers l’avenir, à la hauteur de notre identité européenne partagée ».

2. Un principe de gouvernance européen

Une nouvelle architecture institutionnelle qui « rompe avec la facilité d’une subsidiarité mal définie »

Soulignant que « la situation actuelle, où des organes fédéraux allemands (Bundestag, Cour de Karlsruhe) tiennent le sort de l’euro (et de certains pays) dans leurs mains, est difficilement acceptable par les autres », le groupe Eiffel Europe propose une nouvelle architecture institutionnelle :

- « les États conserveront des responsabilités propres pour la conduite de leurs politiques selon une définition claire des compétences qui rompe avec la facilité d’une subsidiarité mal définie, prétexte à toutes les renationalisations »;

- « les parlements nationaux continueront d’exercer le contrôle des gouvernements nationaux, conformément aux constitutions nationales »; « le principe doit s’imposer qu’à décision européenne, contrôle européen, à décision nationale, contrôle national »;

En cohérence avec la nature de l’Union, fondée sur la réconciliation des différents, et non sur leur assimilation mutuelle, ce principe devrait couper court aux tensions entre fédéralisme et souverainisme, du moins au niveau de la « Communauté politique » de ceux qui resteraient dans la zone euro ou s’y joindraient.

3. Un espoir pour l’avenir

« Une ‘Europe optimale’ a plus de chance de convaincre qu’une ‘Europe minimale’ « 

« Nous sommes convaincus, avec le groupe allemand des Glienicker, qu’une ‘Europe optimale’, conçue avec une grande rigueur intellectuelle, a plus de chance de convaincre les opinions qu’une ‘Europe minimale’, toujours frustrante », concluent les pétitionnaires français.

« Les citoyens, comme les marchés et les investisseurs, ont surtout besoin d’un cap ».

Et cela vaut autant pour l’ensemble de l’Union européenne, dont cette communauté pourrait constituer un noyau politique fort. « Il est dans l’intérêt de tous les pays européens que la zone euro se stabilise durablement, tout comme il est dans l’intérêt de celle-ci que le marché unique à 28 soit consolidé et que les institutions communes de l’UE, au premier rang desquelles la Commission européenne, soient renforcées »

Et je conclurai en rappelant que c’est bien en revenant à ce qui fait l’identité de l’Union européenne que le cap peut être retrouvé. Il importera donc pour les citoyens européens d’analyser les propositions des partis européens afin d’élire au Parlement des personnalités motivées à retrouver ce cap et capables de faire de nouvelles propositions institutionnelles. Utopie ? Mais l’utopie n’est pas l’illusion : elle montre l’horizon à partir duquel construire le chemin aujourd’hui.

 

 

Alors, que fait déjà l’Europe aujourd’hui ? Le prochain article nous présentera les découvertes d’une étudiante à Sciences Po Strasbourg, ville frontière symbolisant le retour aux sources de la réconciliation franco-allemande.

 

Marie-France de Muizon

* Douze personnalités françaises, réunies dans le Groupe Eiffel Europe et signataires d’un appel « Pour une communauté politique de l’euro »

 

http://www.groupe-eiffel.eu/pour-une-communaute-politique-de-leuro/