Or qu’est-ce qui avait produit le miracle du retour aux urnes en 2002 ? La présence du Front National au second tour, perçue comme une menace. Justement, c’est lui, aux prochaines européennes, qui est crédité à ce jour dans les sondages de la plus forte proportion d’intentions de vote (23% au 28-01). Or que veut-il ? Défaire l’Europe. Et il pointe, souvent à juste titre mais pas toujours, les failles de l’Europe.

Face à cela le citoyen reste démuni pour répondre. En effet,
- il ignore ce que fait l’Europe pour le bien de son quotidien, et comment il y est représenté
- et il ne participe pas aux élections qui lui permettraient d’y être effectivement représenté...

Bien plus, nos gouvernants eux-mêmes encouragent, à tort, le soupçon vis-à-vis de l’Europe, car « le premier bouc émissaire dans le débat politique français est toujours Bruxelles. Or, pas une décision n’est prise à Bruxelles sans que le président de la République n’ait donné son accord », comme le fait remarquer la députée européenne Marielle de Sarnez.

Et les grands partis de leur côté ne sont pas d’accord en interne sur l’importance de l’Europe.


2. L’Alternative pour l’Europe : un parti de la réconciliation au service d’une Europe construite sur la réconciliation. Des frères ennemis aux frères amis... tout un chemin !

Cette réconciliation s’est d’abord construite sur la CECA, Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, fondée sur la France et l’Allemagne, ennemis historiques, et annoncée par Robert Schuman le 9 Mai 1950 en vue de construire la prospérité et la paix à partir de ces matériaux justement qui étaient à la base de l’industrie de la guerre. Action économique mais aussi symbolique. Union symbolique mais traduite concrètement dans le réel. Ce qui fonde l’idée européenne, c’est donc que l’union économique est destinée à servir la paix (politique) par la solidarité entre les peuples.

De fait l’union économique puis monétaire a permis de limiter les effets de la crise actuelle et de faire jouer la solidarité avec les pays membres les plus en difficulté. Mais la difficulté d’agir en concertation, en ce domaine comme en celui des actions militaires, où la France est allée seule (sans oublier la tragédie yougoslave, dont les effets nous interpellent encore à ce jour), cette difficulté à décider ensemble pour parler d’une seule voix montre aujourd’hui le déficit d’union politique et la nécessité de continuer à construire l’Europe institutionnelle, corps vivant, qui doit sans cesse s’adapter pour être en mesure de répondre aux questions du temps.

Dans ce but, l’Alternative pour l’Europe, alliance entre le Mouvement Démocrate de François Bayrou et l’UDI de Jean-Louis Borloo, s’est constituée non pas sur un simple consensus, accord de surface, qui pourrait se déliter au premier choc, mais sur un compromis, qui a exigé un travail de fond pour se mettre d’accord sur un essentiel capable de nous garder forts devant les divergences contingentes – et parfois importantes – qui surgissent légitimement.

Alors, pour quoi et pour qui, pour quelle représentation sommes-nous invités à voter le 25 Mai - pour les Français de Métropole - ou dès le 24 Mai pour les Français vivant dans des régions du monde à fort décalage horaire avec Paris ?
Nous serons appelés à voter pour élire au Parlement européen des députés venant de chaque circonscription française, présentés par les différents partis. Rappelons à ce sujet avec Marielle de Sarnez qu’il y a « une différence de culture importante entre le Parlement français et le Parlement européen. À Strasbourg et à Bruxelles, on a un débat démocratique. On met de côté nos sensibilités partisanes au profit de l’intérêt général. La culture européenne, c’est de trouver des consensus sur les choses essentielles. Et c’est réellement ce qui manque à la France ». Ce chemin est nécessaire. Il n’est pas fini.

Or aux élections européennes, si on a des regrets, pas de deuxième tour ! Alors la décision de (bien) voter pour faire entendre notre voix au Parlement européen, c’est maintenant.

A très bientôt pour la présentation des candidats de l’Alternative pour l’Europe.
Marie-France de Muizon