On attendait que l’UDI se choisisse, pour remobiliser ses électeurs, un président humaniste, défenseur d’une morale publique inattaquable, porteur d’une pratique politique rénovée.

 

Inexplicablement, pour plagier le style du premier élu Isséen, désormais président de l'UDI 92, c’est un ‘’équidé de réforme’’ qu’elle a porté à sa tête, semblant adopter les principes de « l’Association de protection du cheval » qui « recueille principalement des réformés des courses, galopeurs et trotteurs qui sont destinés à une triste fin ».

 

Une image abimée, dans la mesure où  le maire d’Issy-les-Moulineaux est un homme condamné. Au propre comme au figuré.

 

Condamné ,  au figuré, car « en fin de course » comme l’ont écrit Noël Pons et Jean-Paul Philippe, dans leur ouvrage récent « 92 Connection », près de 300 pages consacrées à la corruption dans les Hauts de Seine. Un livre passionnant comme un polar, qu’il faut lire, à un an des élections municipales, pour échapper à la catégorie des électeurs naïfs.

 

Mais aussi condamné ,  au sens propre du mot, dans l’affaire dite de la fondation Hamon, comme l’annonçait  la dépêche AFP du 21 janvier dernier, reprise par le Figaro : « Les anciens ministres Charles Pasqua et André Santini ont été condamnés aujourd'hui à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Versailles. Le tribunal a assorti la peine de Pasqua d'une amende de 150 000 euros et deux ans d'inéligibilité. Pour Santini, l'amende s'élève à 200 000 euros et la peine d'inéligibilité à cinq ans. ». Certes des appels sont en cours, mais, comme  l’écrivent  Noël Pons et Jean-Paul Philippe : « le fait lui-même reste un événement essentiel majeur ».

 

Un événement qui perdure jusqu’au sein même du Conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux, agité par la demande d’André Santini à sa ville de payer ses frais de justice.

Devant l’opposition de Fabienne Gambiez, conseillère municipale MoDem, et de l’association Anticor, réputée pour son combat pour porter et transmettre la conviction que l’on ne doit pas renoncer à réhabiliter l’honnêteté en politique, (même si une poignée d’élus confond ses intérêts privés et l’intérêt général), André Santini a fini par y renoncer. Voir Le Parisien du 12 avril dernier : «Le député-maire d’Issy-les-Moulineaux, André Santini (UDI), a renoncé à demander la « protection fonctionnelle » au conseil municipal hier soir ». Mais il aurait seulement ajourné sa demande au dire du quotidien. Une affaire à suivre.

 

Rappelons au passage,  comme s’en est fait l’écho l’AFP et la presse, que la condamnation d’André Santini à 2000 € d’amende et à 1€ de dommages et intérêts, pour injures publiques envers une élue EELV de Vanves, Lucile Schmid, vient d’être confirmée par la cour d’appel de Versailles.

 

André Santini, cumulant déjà de nombreux mandats électifs,  de nombreuses charges, nous questionnons la décision prise à Vanves.

 

Car on peut ne pas être à l’UDI, ne pas partager toutes ses positions, tout en estimant identifier parmi ses élus des personnes de qualité.

N’y avait-il pas une autre alternative ?

Quelle image de la politique renvoie-t-on à nouveau aux électeurs, dans un moment où il y a tant à faire pour leur redonner confiance ?

 

Bernard LEON