Le député-maire d'Issy-les-Moulineaux  André Santini et l'ancien sénateur Charles Pasqua ont vu le procureur Marc Brisset-Foucault requérir contre eux  au tribunal de  Versailles une peine de deux ans de prisons avec sursis, 100 000 euros d'amende et deux ans de privations de droits civiques, dans l'affaire dite de la fondation Hamon.

 

Ils étaient  mis en examen en tant que président et vice-président du syndicat mixte de l'Île Saint-Germain qui devait construire un musée destiné à recueillir 192 œuvres données par le promoteur immobilier Jean Hamon. Ce  musée n'a jamais vu le jour. Une dizaine d'autres personnes étaient également mises en examen, dont jean Hamon, contre qui le procureur a requis deux ans de prison avec sursis et une amende de 150 000 Euros.

 

Le procès portait sur le détournement présumé d'un million d'Euros, perçus par le syndicat mixte, "une coquille vide" selon la juge d'instruction Nathalie Andréassian.

 

Les avocats de Pasqua et Santini contestent toute utilisation frauduleuse ni malversation dans cette affaire, comme le rapporte Le Parisien et le Nouvel Observateur.

 

Le jugement sera mis en délibéré le 21 janvier prochain.

 

Si les juges devaient suivre les réquisitions du procureur ce serait un coup de tonnerre sur notre territoire. Un gros tangage des partis et des élus. Voir même un naufrage aux yeux des citoyens qui n'ont pas besoin de perdre le peu de crédit qu'ils accordent encore à la politique.

 

Cela voudrait dire, en effet, que Santini pourrait être amené à démissionner ou être démissionné de ses postes électifs, dont la Mairie d'Issy les Moulineaux, ou encore son poste de député.

Mais cela pourrait peut être concerner également ses nombreux autres postes et fonctions: Président de la Société du Grand Paris, Président du Comité de bassin Seine Normandie, Président du Syndicat des eaux d'Ile-de-France, Vice-Président de GPSO.

 

Car comment imaginer qu'un homme condamné puisse se maintenir dans des postes où doit être défendu l'intérêt général. Rappelons que Pierre Bédier, Député-maire UMP de Mantes-la-Jolie et  Secrétaire d'Etat avait été démis de ses fonctions de président du Conseil général des Yvelines en 2009, par le Préfet, suite à une condamnation d'inégibilité.

 

En fait, ce procès quel qu'en soit l'issue, pose à nouveau la question centrale du cumul des mandats qu'André Santini s'acharne à donner comme positif, alors qu'à l'évidence aucun homme, le plus intelligent soit il, ne parvient à le gérer. Il suffit d'entendre les propos du procureur déjà repris par Le parisien du 25 octobre. « M. Pasqua et M. Santini signaient les factures. Il est évident que M. Pasqua n'allait pas tout vérifier, ni M. Santini, mais du fait qu'il s'agissait d'un système organisé, ils avaient conscience que M. Hamon s'enrichissait sur le dos du syndicat mixte ».

 

Les juges répondront et infirmeront peut être la seconde partie de la phrase. Ce qui nous intéresse, quant à nous, c'est la première partie. Car oui, nous soutenons depuis longtemps que le cumul des mandats est mauvais. François Bayrou l'a répété durant toute la dernière campagne présidentielle. Hollande s'est également montré opposé à cette hérésie qui empêche notre démocratie de vivre en se rajeunissant et en se diversifiant. Mais il semble que ce ne soit plus une urgence. Des sénateurs et des députés socialistes n'ont pas hésité à parler en faveur du cumul. Nous condamnons cette position rétrograde du PS comme nous avons condamné la même position à droite.

 

Si cette malheureuse affaire, dont on ne connait pas encore l'issue, pouvait au moins servir à montrer que le cumul fragilise nos élus qui ne peuvent tout contrôler, nous en serions satisfaits.

 

Bernard LEON