Ceux qui croyaient que  Bayrou était isolé, face à un Borloo soi disant en orbite avec la création de l'UDI, se trompaient.

L'Université de Rentrée du Mouvement Démocrate qui vient de se tenir à Guidel dans le Morbihan, et où la section de Vanves du Modem était représentée par six personnes, a montré que François Bayrou, non seulement était encore très présent par ses propositions, mais qu'il avait une idée précise de la mise en ordre de son mouvement pour les prochaines élections de 2014. Les municipales, bien entendu, mais aussi les Européennes.

Bayrou bien présent dans le paysage politique.

La première chose que je retiens de cette Université de Rentrée est que l'UDI est bien ce qu'on pouvait imaginer, un mirage à venir. Nombreux étaient, en effet, à la droite du Modem, et quelques uns, à l'intérieur, à croire que quelques défections autour du leader démocrate annonçaient une débandade militante. Les en persuadaient quelques hirondelles tentant de sauver, qui un siège, qui un poste, ou encore quelques oisillons à la recherche d'une planète dont l'air pourrait porter leurs ailes à peine revêtues des duvets d'un diplôme, supposé, par son empennage, les transformer en flèche politique.
On les a vu déchanter tous, car, et François Bayrou, et les militants dans leur majorité, ont repoussé toute idée de rallier l'UDI. Ils y perdraient cette indépendance qui leur est consubstantielle, car Borloo l'a assez clamé haut et fort: "Il était prêt à accueillir tous les membres du MoDem qui accepteraient une ligne politique claire de "coalition du centre et de la droite républicaine".  Or comme l'a dit à plusieurs reprises le Président du Modem: "On ne renie pas ses convictions pour des postes".

La centralité c'est Bayrou.

Comment l'UDI peut elle se revendiquer du centre? Un centre que ne qualifie d'ailleurs jamais Borloo, et auquel seraient supposés appartenir tous ses affidés. Et comment ce centre pourrait-il exister s'il ne se caractérise pas par son indépendance? Car est-on indépendant lorsqu'on annonce que le parti qu'on crée aura  pour seule ligne une coalition avec la droite? Bien évidemment non. Et Bayrou a bien pointé cette faute de naissance de l'UDI, cette revendication de n'exister qu'à droite. Et il l'a fait en rappelant à Borloo, et à quelques autres, pas nécessairement du même bord, qu'il n'est pas vrai que le centre a toujours été une coalition avec la droite. Si on regarde l'histoire du centre et du parti radical, par exemple, c'est complètement faux, a-t-il expliqué, rajoutant: “Si le centre existe, alors le centre est un, il n’y a pas de centre droit, de centre gauche, de centre ailleurs". Puis il a lancé sa dernière flèche en direction de Borloo: "le jour venu, s’il y a plusieurs candidats, et bien nous organiserons des primaires du centre". Une suggestion de Marielle de Sarnez.

Prêts pour les Municipales et les  Européennes de 2014.

Ce que j'ai retenu aussi, c'est l'appel de François Bayrou à se préparer pour les élections Municipales et Européennes, qui arriveront à échéance en 2014. "Constituez des équipes aussi larges que possible" a-t-il demandé à ses troupes. Rajoutant: "Et donc, mettez-vous en recherche, j'allais dire en chasse, en recherche de tous ceux et de toutes celles qui, sur le terrain, sont capables de porter, pas seulement notre étiquette, je me moque des étiquettes, mais notre vision, notre manière d'être, notre identité génétique, qui est, à chaque fois qu'on le peut, de se faire un devoir de tirer la vie civique et la vie politique vers le haut au lieu de perpétuellement la faire tomber et s'effondrer vers le bas des passions et des détestations et des vulgarités...". Voila une bonne feuille de route, comme on dit, pour la section Vanvéenne de notre Mouvement.

Abordant la question de l'Europe, François Bayrou a, comme pour les Municipales, annoncé qu'il proposera une vision différente et originale de l'avenir Européen, du destin Européen. Vision largement esquissée dans son discours de clôture. Une vision fédéraliste, qu'on ne trouve pas vraiment à gauche, ni à droite. La veille, Guy Verhofstadt, invité de François Bayrou à Guidel, avait déjà exprimé cette vision.
Pour l'ancien Premier ministre de Belgique, l'Europe nous oblige à échapper aux habitudes sclérosées des dualismes dont les politiques ont le plus de mal à se libérer. "Mais les peuples eux, ont compris qu'il fallait se défaire du nombrilisme des Etats-nations" nous a-t-il dit. La politique de Mario Monti en Italie, et le résultat des dernières élections aux  Pays-Bas, où les électeurs ont plébiscité les partis pro-européens contre le parti socialiste eurosceptique ou l'extrême droite, le montre.

Cette vision, partagée en commun par Bayrou et Verhofstadt, veut en priorité deux choses. Mettre en premier la démocratie au centre du fonctionnement européen. Et pour y arriver, il faut donc faire élire par les citoyens Européens un Président pour l'Europe. "Ce président, qui avait déjà été proposé par Jacques Chirac et le Chancelier allemand, mais récusé par les Anglais, cas trop Européen, c'est Guy Verhofstadt", a conclu le Président du Mouvement Démocrate.

Tout un programme. En pole position désormais face à Borloo, qu'il défie de se présenter à des primaires pour le centre en France, Bayrou se place d'ores et déjà, dans le grand débat qui nous attend en 2014. Celui de la France et des municipales, et celui de l'Europe.

Bernard LEON