Reste qu'il y a le cap des législatives à passer, et moins de 4 semaines pour savoir si l'Assemblée lui sera acquise ou si les français, dans un changement de pied qu'ils affectionnent, ne lui donneront qu'une majorité relative, voire même inexistante.

 Qu'en pensent au PS les spécialistes en élections ? Qu'en pense le nouveau Président lui même ?

 En attendant, que peuvent espérer les centristes, qui, suivant l'exemple de François Bayrou, ont voté Hollande le 6 mai ? Pour eux, leur geste, qui consistait à choisir la défense des valeurs républicaines et humanistes, attend de prendre sens. Mais comment? Ils ne le perçoivent pas encore très bien.

 Le nouveau Président a bien fait allusion, dans son premier discours, aux humanistes qui avaient voté pour lui. Ce n'est pas une ouverture.

 Mais il n'est pas inutile de rappeler, par ailleurs, ce que disait le directeur de la communication du candidat Hollande, Manuel Valls, durant la campagne des primaires du PS. Il affirmait catégoriquement sur les ondes de BFM, que son parti devait envisager, dans un souci de rassemblement, d'appeler Bayrou à dialoguer car, je cite: " Nous ne pourrons pas gouverner seuls" et que la gauche "devrait s'élargir".

 Ces propos retrouveront ils leur actualité, ou François Hollande restera-t-il coincé sur sa gauche par un Mélenchon qui, tout à sa stratégie de débordement à terme du PS, n'entend pas arrondir les angles de sa théorie extrême ?

 Dans ce cas, il y aurait un risque d'ouvrir à l'UMP une possibilité de se refaire une santé aux législatives.

 J'aurais tendance, pour ma part,  à conseiller à Hollande deux choses.

Tout d'abord, permettre à Bayrou, que l'UMP veut voir mort, de revenir à l'Assemblée, où il en aura besoin pour contrer les excès de la droite en attirant, dans l'union, des républicains de droite mesurés.

Ensuite, de lancer un signe d'union républicaine, en annonçant rapidement un engagement ferme sur la moralisation de la vie publique, une des propositions de Bayrou que les français veulent voir reprise.

 Un espoir. Les dirigeants socialistes, Hollande à peine élu, ont, comme l'a relevé l'agence Reuters, rivalisé de gravité en parlant de gouvernement "d'urgence républicain".

 Un risque. Ces paroles se traduiront elles dans des actes ? On a encore en tête toutes les promesses non tenues de Sarkozy. Les socialistes seraient mal venus de l'imiter.

 S’ils désirent que les législatives leur permettent de gouverner, ils doivent être capables de construire une force parlementaire qui réponde aux enjeux, non pas de la gauche, mais de la France toute entière. C'est la voie de l'union.

 Elle se prépare aujourd'hui. Demain il sera trop tard. Le risque tient peut être encore aux instituts de sondage qui ne me paraissent pas être en mesure de chiffrer très scientifiquement les voix du centre. Celles ci sont aujourd'hui dispersées, et nous ne savons pas encore ce que décidera François Bayrou. Pourra-t-il les rassembler immédiatement ? Attendra-t-il ? On ne le sait pas. Mais le Modem sera présent.  Des candidats se font déjà connaitre. D'autres vont le faire sous peu.

 Hollande peut il faire l'impasse sur leurs voix ? Peut il leur jouer l'air du mépris ? D'autant plus que des dissensions peuvent perturber la gauche. Chez les verts comme chez les socialistes. Perdre les voix du centre, pour Hollande, en ne proposant rien, c'est prendre un risque. Le peut il ?

 Bernard LEON