L’Université populaire du Modem a été crée par Jean-Pierre Rioux pour permettre la rencontre et l’échange directs et réguliers entre chercheurs, universitaires, entrepreneurs, et des démocrates désireux d’élargir leur savoir, d’aviver leurs idées et d’approfondir leur engagement.

Programmé chaque mois au siège du Modem, rue de l’Université, elle a déjà permis de débattre sur le thème « La démocratie en version centriste », en janvier.

Début février, le thème choisi portait sur l’éventualité d’une VIe république et l’invité était l’historien et "politiste" jean Garrigues, spécialiste de la IIIe république et auteur d’un ouvrage sur l’histoire de la Ve république.

 

Bipolarisation, rôle de "l’arbitre" à l’Élysée et du "capitaine" à Matignon, modes de scrutin, quinquennat et inversion de calendrier, hyper présidentialisation : la Ve République épuiserait-elle ses vertus ? Et que disent les centristes à ce propos ? Faut-il même envisager dès à présent les contours d’une nouvelle République, qui serait moins dévoreuse de centristes ?

Jean Garrigues a fait le point et ouvre des perspectives.

François Bayrou y a répondu en fin de séance et précisé son point de vue sur la question.

Le point de vue de François Bayrou.

D’entrée de jeu c’est par une affirmation très forte en faveur des institutions de la Ve République qu’il a commencé son intervention.

Jean Garrigues avait déjà pointé que, plus que cinquantenaire, celle ci ne demandait pas à être renversée, mais plutôt réaménagée, en revenant à la culture parlementaire de notre pays, en revenant aux fondamentaux de « Justice, responsabilité et modération ».

François Bayrou a donc tracé les bases d’un chemin pour que le fonctionnement de nos institutions ne débouche plus sur cette démocratie actuellement désincarnée, mais engendre au contraire des pratiques basées sur les valeurs de la diversité et du rassemblement.

Pour lui, on ne vote pas pour une idée mais pour une personne.

Dés lors l’électeur exige de pouvoir identifier celui qui peut porter ses idées et des pratiques dignes d’emporter son accord.

Et le seul moment où la chose est possible est l’élection présidentielle. Le seul moment où il pourra changer l’organisation des pouvoirs publics est l’élection présidentielle.

Un jour les français choisiront le changement.

Et c’est ce changement que veut incarner François Bayrou. Il veut incarner l’homme qui assurera les équilibres, la bonne marche des pouvoirs démocratiques. Il souhaite pouvoir être ce Président "inspirateur" et responsable dont a besoin la France, responsable devant un gouvernement et  un parlement rééquilibrés, où le peuple sera , comme il l’a déjà écrit dans son « Projet d’espoir » en 2007, représenté justement.

Pour se faire mieux comprendre il a fait référence aux Tribuns de la plèbe de la Rome antique, ces représentants du peuple , élus pour le défendre, face aux prérogatives des praticiens, regroupés en grande familles, les seuls a pouvoir entrer au sénat.

Le Président, tout comme le Tribun, doit être, aux yeux de  François Bayrou, la voix des sans voix, et donc défendre le pluralisme dans le pays.

Le Président doit donc pouvoir choisir parmi les élus de l’Assemblée un gouvernement de rassemblement, réhabilitant la délibération. Comme au Parlement européen, où des lois sont votées, et souvent de bonnes lois, après délibération. Car délibération veut dire élaboration.

La République de François Bayrou est donc celle où le Parlement retrouve sa légitimité, où le premier Ministre retrouve sa place, où le gouvernement et le Président dialoguent avec l’assemblée. C’est la seule voie pour trouver des majorités plus larges. Plus près des citoyens.

Et pour que les citoyens soient mieux représentés, il faut de la proportionnelle lors des élections, car c’est la proportionnelle qui favorise le courage en politique.

Déjà, François Bayrou  l’avait écrit :  « Le pluralisme, c’est le vrai nom de la démocratie ».

Enfin, si François Bayrou ne l’a pas rajouté à son propos, mais il l’a affirmé en d’autres occasions, pour que l’Assemblée retrouve son rôle et sa responsabilité, cela passe par l’interdiction du cumul, comme l’avait souligné plus tôt l’orateur invité du jour.


Bernard LEON