Un coup à droite.
Car il faut bien séduire l’électorat de l’extrême, celui de Pétain et celui de Le Pen.
Un coup à gauche.
Car il faut bien tenter de ramasser les voix du Centre en mutation, lesquelles seraient censées être effrayées par les alliances annoncées avec les écolos et la gauche.
C’est ainsi que Sarkozy conduit son discours politique.

Ses vœux à la France en témoignent.

Après l’émergence à droite avec les amis du Fouquet’s et ses vacances sur le yacht de son ami Bolloré, (celui là même qui a attaqué récemment France Inter pour avoir osé évoquer les activités de son groupe industriel en Afrique ; ce Bolloré qualifié comme « le plus cannibale de tous les "messieurs Afrique" du business français » dans l’ouvrage "Ces messieurs d’Afrique") ...

Sarkozy semble donner un coup de godille à gauche et pense dans ses vœux… « À ceux qui ont perdu leur emploi ».

Mais, précise-t-il aussitôt, notre pays a été moins éprouvé que beaucoup d’autres grâce à notre modèle social.
Un modèle qu’il avait (souvenons nous) annoncé vouloir mettre à bas, lors des présidentielles, par la rupture annoncée.

La crise est passée par là. Il faut changer les mots. Mais l’air de la chanson reste le même.

Un exemple ? La taxe fiscale.
Mal préparée, mal expliquée, elle taxait les foyers des français mais exonérait de contribution carbone les émissions des centrales thermiques produisant de l’électricité, de même que 1018 sites industriels les plus polluants. Le Conseil Constitutionnel l’a annulée le 29 décembre au prétexte de son inégalité.

Autre exemple. La réforme de la taxe professionnelle. Elle est censée être comme dit Sarkozy « plus favorable au travail et à l’investissement ». Sauf qu’elle met à mal l’indépendance financière des communes qui vont devenir, en partie, encore plus soumises à l’Etat, alors qu’une autre réforme en préparation, ne vise rien d’autre qu’à priver Départements et Régions de l’autonomie que leur avait donnée la loi de décentralisation.
C’est la démocratie en cours de réduction, d’autant plus que le projet ne s’arrête pas là. Il prévoit un changement de scrutin qui empêchera l’application de la proportionnelle et réduira en conséquence la juste représentation des sensibilités citoyennes.

Mais il ne manque pas de sujets où l’annonce ne sera pas suivie d’effets. Il en va ainsi du projet de loi Grenelle 2. Le texte prévoit que les entreprises devront informer sur l’aspect Développement Durable de leurs activités, et, pour les plus de 500 salariés, indiquer dans leur rapport annuel un bilan social et environnemental. Sauf que les contrôles ne sont pas annoncés, les sanctions non prévues, comme
c’est déjà le cas depuis des années pour la loi NRE, (Nouvelles régulations Economiques) qui n’a servi à rien.

Et cela continue de ces vœux présidentiels qui ne sont que des vœux pieux. Il annonce pour 2010 qu’il va falloir réduire nos dépenses courantes. N’est-ce pas lui qui a porté le déficit de la nation à ses sommets ?

Il dit qu’il va falloir relever le défi de la dépendance. Mais tous les spécialistes de la question répètent publiquement que l’Etat communique sur les politiques publiques mais n’agit pas et laisse les collectivités financer la solidarité nationale. Au lieu de mettre en place la solidarité entre tous, le gouvernement n’a pas peur d’assurer que d’autres financements doivent être trouvés, comme le recours à la prévoyance, une aubaine pour les assurances, et l’assurance que le sillon de l’inégalité sera encore creusé plus profond entre les français. Car ne s’assureront que les gens pouvant payer une assurance.

Il annonce : « en 2010, nous réformerons notre justice pour qu’elle protège davantage les libertés ». Son projet malheureusement soulève contre lui tous les démocrates de France. Il prévoit, en effet, tout simplement, de supprimer le juge d’instruction indépendant, pour le remplacer par "un juge de l’instruction", directement dépendant du pouvoir. Le Figaro le reconnaît lui-même, en date du 15 janvier 2009 : « 45% des sondés y sont défavorables. Le juge d’instruction reste auréolé d’une certaine popularité ; sauf, sans doute, chez les électeurs de Nicolas Sarkozy, qui sont majoritairement favorables à sa disparition. ». Que dire de plus lucide ?

Enfin, cerise sur le gâteau, le Président termine ses vœux par un appel à notre capacité de débattre sans nous déchirer, lui qui a presque commencé sa mandature par le fameux « casse toi pauvre con » et qui, il y a peu, n’a rien trouvé de mieux pour racoler à droite, en divisant les citoyens du pays, que de proposer un débat pourri sur l’identité nationale.

Les seuls vœux qui vaillent pour 2010 ce sont donc ceux que nous pouvons formuler nous-mêmes quant aux chances de la France et de ses régions, dont les électeurs vont être appelés à se prononcer, lors du vote du mois de mars, à se rassembler pour gagner...
Des vœux qui dépendent de notre engagement sur tous les fronts qui méritent d’être tenus : ceux de la solidarité, ceux de la démocratie, qui se défend et se gagne par un effort de chaque jour, ceux de l’humanisme, qui figure en tête du projet du Modem, et que vous pouvez trouver sur le site du Mouvement.
Un projet préparé par les militants. Un projet au plus près de tous.

Bernard Léon